Je tribule, tu tribules, il/elle tribule, nous tribulons, vous tribulez, ils/elles tribulent.Solweig est hôtesse de caisse le jour, et blogueuse la nuit. Elle dénonce anonymement les conditions de vie des employés de la grande distribution. Mais tout ce remue-ménage ne plaît pas à tout le monde.

Tribulations : Aventures, mésaventures, épreuves. On utilise rarement le verbe tribuler, pour la très bonne raison qu'il n'existe pas. Le mot tribulation existe, mais pas le verbe qui va avec. Ça me ramène à un autre grand mystère de la langue française : il n'existe pas de contraire au mot "cher". On utilise souvent "pas cher" ou "bon marché", il n'existe pas de vrai mot en français pour dire qu'un truc n'est pas cher. C'est un comble quand on sait qu'il existe parfois plus de dix mots pour désigner une notion et ses nuances. Tout ça pour dire que l'Académie Française, c'est rien que des branleurs.
Mais revenons à notre film. Les tribulations d'une caissière raconte donc la vie pas toujours rose de Solweig, caissière de supermarché. Solweig tiens un blog à titre personnel et anonyme, où elle parle de sa condition d'hôtesse de caisse et titille la grande distribution. Ses écrits touchent beaucoup ses collègues de la France entière et commencent à inquiéter les grands patrons. On pouvait donc s'attendre à un film style "lutte des classes" avec manifs, confrontations entre la direction et les employés, tout ça sur fond humain. Ça c'est la partie réussie, notamment grâce à d'excellentes actrices. Je pense à Déborah François, Firmine Richard, et surtout à la révélation Alice Belaïdi, brillante de naturel. Quant à Elsa Zylberstein... elle fait du Elsa Zylberstein, c'est-à-dire du moyen pas top.
Toute la partie caissière est plutôt bonne, sans toutefois atteindre un grand degré de perfection, mais ça passe. En revanche toute la partie "love-story-mielleuse", quelle horreur ! Je n'ai jamais vu une romance aussi mal racontée. On va de clichés en clichés, le ridicule touche chaque moment et chaque mot prononcé, Nicolas Giraud est à la rue du début à la fin. C'est pathétique et ça traîne sa patte tout le long du film, au point de complètement le gâcher.
On sent une charmante tentative de faire de cette histoire un conte de fées, avec prince charmant et tout le tralala. Mais alors il fallait y aller à fond, et pas en boitant comme c'est le cas ici.
Les tribulations d'une caissière avait tout pour être un film franchement sympathique, voire plus. Mais il a fallu qu'on nous jette à la figure une histoire d'amour complètement bancale qui détruit tout le bon travail fait avec ce qui aurait dû être le thème principal du film : une caissière qui tribule. Une belle déception.
PS : ce film est tiré d'une histoire vraie, avec un vrai blog à l'origine de tout ça : http://www.samtribul.com.

5/10




















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